Lise Pressac Non classé La fête des cloches

La fête des cloches

Ah Pâques ! Ses messes, ses chocolats, ses cloches et ses promus de la Légion d’honneur…

Cette année, comme d’habitude, des anciens politiques, des anciens  fonctionnaires, des chefs d’entreprise, des artisans, des artistes, des résistants et… Mireille Dumas.

Revenons à la mission première de cette distinction :

La Légion d’honneur est la première haute décoration instituée après la Révolution française. Elle récompense, en un grand brassage national, les mérites acquis par les citoyens, en dehors de toute considération sociale ou héréditaire et ce, dans tous les secteurs d’activité du pays. (*)

Alors je veux bien reconnaître des mérites de journaliste-intervieweuse ès vie personnelle des célébrités à Mireille Dumas mais en quoi son rôle est décisif pour la société ? Je ne vois pas.

Ah si elle évite aux stars de se payer une psychothérapie, sympa !

Bon j’arrête avec Mireille Dumas, si on parle d’elle c’est parce que les journalistes ont jugé utile de la mentionner parmi les quelques 800 promus, mais elle ne mérite pas l’opprobre pour autant. Après tout elle n’a rien demandé.

[NDLise : La Légion d’honneur ne se demande pas mais peut être proposée par un tiers]

Pas plus que Daniela Lumbroso. Elle aussi en avait pris plein son grade lors de la promotion de janvier.

Je me demande simplement si cette décoration a encore du sens aujourd’hui.

A l’origine, au lendemain de la Révolution, les « armes d’honneur » distinguaient « les soldats ayant accompli une action d’éclat ».

C’est Bonaparte qui en 1802 a jugé utile de créer une distinction pour militaires ET civils.

[Désolée pour cette parenthèse historique mais elle est importante.]

Au XXème siècle de nouveaux titres de nomination sont créés pour saluer le courage et l’héroïsme des combattants des deux guerres mondiales.

Les femmes furent de plus en plus nombreuses à être promues : en 1937, elles étaient 3000. La poétesse Anna de Noailles fut la première femme commandeur en 1931. Colette fut elle promue grand officier peu de temps après la maréchale Lyautey en 1953.

Geneviève de Gaulle-Anthonioz, la nièce du général, résistante, déportée, engagée dans la lutte contre la pauvreté fut la première femme grand-croix de la légion d’honneur en 1997. C’est elle qui fut l’instigatrice de la première loi sur la pauvreté en France en 1998. (*)

C’est sûr le CV de speakerine à côté fait un peu tâche.

Dans une lettre du 11 juillet 2008 Nicolas Sarkozy rappelle l’importance de récompenser « les citoyens qui servent notre pays avec le plus de détermination, d’efficacité, d’abnégation, de sens de l’intérêt commun » (*)

Le sens de l’intérêt commun pour Simone Veil, je n’ai pas trop de mal à le reconnaître.

Pour Dany Boon c’est déjà plus difficile.

(*) source : www.legiondhonneur.fr

1 thought on “La fête des cloches”

  1. Si j’pouvais décerner une légion d’honneur, ça serait pour tous les boulangers qui se lèvent tous les jours (même les dimanches fériés) à 4h du matin pour préparer des bons p’tits pains au chocolat pour mon p’tit déj à 10h…

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