Lise Pressac

Journaliste, animatrice, chroniqueuse radio et télé

Pigiste n’a jamais été une profession

2 juillet 2012 by Lise Pressac

 

C’est l’une des premières choses qu’on apprend à l’école de journalisme : l’inscription à Pôle Emploi.

Car en sortant de l’école nous ne serons pas embauchés en CDI ni même en CDD, nous ferons des « piges ».

Cela signifie que nous aurons un employeur qui nous proposera de travailler quelques jours par mois. Cinq jours, dix jours, voire plus dans le meilleur des cas.

Au fil des années les employeurs se multiplieront, nous en aurons deux, trois, voire plus, dans le meilleur des cas.

Et si les piges sont insuffisantes et bien les Assedic complèteront notre salaire.

En sept ans de vie active je ne les ai touchées qu’une fois, en 2008, parce que j’avais décidé de partir en vacances trois semaines.

Décision empreinte de culpabilité.

Le reste du temps je gagnais suffisamment pour ne pas y avoir droit.

Par suffisamment comprenez au moins 800 euros bruts par mois.

Mon indemnité était en effet calculée sur mon dernier (et seul) CDD en date, à savoir mon contrat de professionnalisation, c’est-à-dire mon contrat en alternance entre l’école et l’entreprise.

Un contrat de deux ans entre 2005 et 2007.

Depuis, je suis inscrite à Pôle Emploi en tant que chômeuse, même si je travaille.

Chaque mois, pendant cinq ans, j’ai déclaré à Pôle Emploi que oui j’étais toujours à la recherche d’un emploi (comprenez un CDI dans le jargon pôle emploiesque) mais que oui j’avais travaillé (parfois jusqu’à 29 jours par mois) et que non du coup je n’aurai pas besoin d’argent de leur part.

Si j’écris ce billet ce n’est pas pour que l’on s’apitoie sur mon sort et celui de l’immense majorité des journalistes qui sont dans cette situation.

C’est pour mettre fin à tous ces fantasmes qui circulent sur notre profession.

« Ah oui mais vous les journalistes vous avez une niche fiscale indécente qui ne se justifie plus depuis des décennies ! ».

Oui, grâce à elle, je n’ai été imposable que cette année.

Non, je n’ai jamais eu aucun scrupule à en bénéficier avant.

Et oui j’aurais aimé payer des impôts bien plus tôt qu’au bout de sept ans de vie active.

Et puis ce qui intéresse un propriétaire c’est combien vous gagnez par mois, pas de quel abattement fiscal vous bénéficiez.

Et quand vous répondez « ça dépend » il vaut mieux pouvoir compter sur des parents qui, même retraités, seront vos garants à vie.

Il faut savoir que même sans cet abattement la plupart des journalistes en début de carrière ne sont pas ou sont peu imposables. (J’ai pu en avoir la preuve quand pour ma première déclaration d’impôt je ne l’avais pas déduit).

Je ne vous parle pas des présentateurs vedettes dont le salaire ne justifie pas un tel abattement, mais de tous les journalistes précaires, la majorité.

Cet abattement s’élève à 7 650 euros si vous avez travaillé à un équivalent plein temps.

Sinon il faut vous lancer dans une savante équation, en calculant vos heures de l’année travaillées et ensuite appliquer le pourcentage de  l’abattement en fonction du nombre d’heures (se munir de Doliprane).

Ca fait tout de suite moins.

C’est une employée du Trésor Public qui me l’a expliqué.

Elle m’avait convoquée suite à ma déclaration d’impôts qu’elle jugeait erronée.

 

–       « Vous êtes bien pigiste ? »

–       « Oui. »

–       « Alors pourquoi vous déclarez être journaliste ? »

–       « … »

–       « L’abattement est réservé aux journalistes alors que sur votre fiche de paie je lis « pigiste » »

–       « Alors en fait pigiste n’a jamais été une profession, c’est un statut, précaire… »

–       « … »

–       « Et vous savez cet abattement c’est aussi le prix de la précarité, vous savez où vous serez dans une semaine ? A cette même place, bah moi je ne sais pas »

–       « … »

 

Elle n’a rien voulu savoir.

Je m’en suis sortie après avoir pris le temps d’envoyer une lettre avec accusé de réception au directeur du centre des impôts.

Il y a encore beaucoup de pédagogie à faire auprès des administrations.

Quant à Pôle Emploi, à chaque fin de contrat, il vous faut reprendre un rendez-vous via le 39 49 (quand vous avez fait la connerie de vous désinscrire, connerie que vous ne ferez qu’une fois : NE JAMAIS SE DESINSCRIRE, quitte à s’actualiser tous les mois)

Alors même que vous serez redirigé – si vous êtes parisien (et non francilien) – vers le CNRJ (centre national de reclassement des journalistes).

Vous prenez donc un rendez-vous à un demandeur d’emploi qui en a besoin, lui.

Le CNRJ donc, un endroit formidable où l’on vous dira (très justement) qu’on ne peut rien pour vous car il n’y aucune annonce dans ce secteur.

Mais où, du coup, on aura la sympathie de vous dispenser de rendez-vous mensuels inutiles.

Oui nous faisons un très beau métier.

Non, nous ne sommes pas les plus à plaindre, loin de là.

C’est évident.

Mais le prix à payer est la précarité.

Et si un jour mes futurs enfants veulent faire ce métier je tenterai de les en dissuader.

 

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30 Responses to “Pigiste n’a jamais été une profession”

  1. Rémi dit :

    Je n’ai pas la même version pour le calcul de l’abattement en cas de travail « discontinu ».
    A priori (information donnée par un inspecteur des impôts, cherchée dans les textes, pas inventée après trois bières), la règle, c’est que l’abattement est divisible en douze, pas plus. Concrètement, douze mois travaillés, 7650 euros ; un mois travaillé, 637,50 euros. Et un jour travaillé dans le mois équivaut à un mois travaillé. Je résume : si tu fais une pige le 23 de chaque mois, tu peux déduire l’intégralité des 7650 euros.

  2. André dit :

    J’ai un petit garçon d’un an et j’espère très fort qu’il ne sera ni instit, ni journaliste !

  3. Fab dit :

    Alors moi oui je bénéficie de cet abattement, mais de toute façon je suis tellement mal payé que je ne paye pas d’impot, avec ou sans abattement.
    Les Français fantasment sur nos salaires parce qu’ils ne connaissent que PPDA ou Claire Chazal mais faut redescendre sur Terre deux secondes, svp. C’est une profession précaire, surtout pour les jeunes. Point.

  4. Lise Pressac dit :

    @Rémi : je crois que chacun a son interprétation, le directeur des impôts n’ayant pas le même vision que son employée. Il y a eu un cas de jurisprudence que j’avais trouvé grâce aux forums de pigistes et qui m’a permis de faire valoir mon équivalent temps plein… Toute une histoire

  5. Rémi dit :

    « Par simplification, l’exonération est ajustée par application d’un prorata déterminé en fonction du nombre de
    mois d’exercice effectif de l’activité, la limite de 7 650 € étant répartie sur 12 mois.
    Exemple : début d’activité le 15 octobre, soit exonération à hauteur de 7 650 x 3/12. »
    http://www.impots.gouv.fr/portal/deploiement/p1/fichedescriptiveformulaire_7582/fichedescriptiveformulaire_7582.pdf

  6. Lise Pressac dit :

    @Rémi : merci pour ces précisions, j’espère qu’elles serviront à d’autres

  7. Nico dit :

    Pour info, à propos de l’abattement, voici ce que préconise le SNJ Radio France dans une note envoyée en mai 2012 :

    « P comme Proratisation : dans trois jugements (Tribunaux administratifs de Versailles 8/12/2005, de Paris 15/5/2009 et de Melun 15/12/2009), les juridictions ont estimé qu’aucune disposition ne prévoit que le montant (des salaires perçus) puisse faire l’objet d’une réduction à proportion du temps écoulé lorsque le journaliste n’a pas exercé son activité durant la totalité de l’année d’imposition. Nous consulter dans les situations complémentaires de droits d’auteur – un mode de paiement souvent abusif – maladie, chômage, retraite ou de ressources hors presse. »

    Autrement dit : les pigistes et CDD peuvent et doivent déduire 7650€ de leurs revenus imposables, et ce quel que soit leur volume d’activité.

  8. Poufpouf dit :

    En fait il y a deux choses :
    – les journalistes sont en voie de disparition et c’est en grande partie du au fait que leur travail n’intéresse pas grand monde. problème de qualité? D’adéquation avec les demandes du public? De coût? Je ne sais pas. Mais si pour vivre il vous les Assedic en complément de votre salaire c’est que votre travail est subventionné et donc soit il est d’intérêt public et alors on fait du journalisme subventionné soit il y a trop de journalistes.
    – L’abattement fiscal : que celui ci vous soit utile je n’en doute pas vu le faible prix (honteux) auquel vous êtes payée mais que ce soit la collectivité là aussi qui assume ce surcoût me semble indécent sauf si le journalisme est un service public.

    Bref, vous êtes mal et peu payée ok je suis bien d’accord et j’en suis bien embêté mais que la société complète votre salaire et qu’elle vous dispense de participer aux impôts collectifs à la même hauteur que les autres citoyens me semble clairement un scandale, comme d’autres certes mais un scandale quand même.

    Bises

  9. Laurent dit :

    Il y a des avantages et des inconvénients pour chaque métier, le plus important est de savoir si les  » avantages  » valent le coup de supporter les  » inconvénients !

  10. Napoli dit :

    Texte rempli de vérités.
    Pour moi, c’est aussi l’image du journaliste aisé, privilégié par ses rencontres, ses expériences qui nous porte préjudice.
    Je ne suis qu’étudiant en journalisme pour le moment, mais c’est fou ce que les gens, en général, associent au mot journaliste. Une profession « bien vue » mais dont les réalités sont éloignées des représentations.
    La précarité, je la ressens déjà.
    Impossible de trouver un stage d’été.
    Pigiste, ce serait déjà une victoire pour moi, une fois mon diplôme obtenu.
    Alors on nous forme à la polyvalence, mais personne n’est dupe.
    Il n’est peut être pas si bon s’orienter dans ce secteur si bouché, classé numéro 1 des emplois qui amènent le plus au chômage.
    Oui qu’il est beau ce métier, oui que j’ai et que nous avons envie de le faire.

    Mais oui, aussi, qu’il est dur.

    Alors ma question est simple.
    Est-ce que j’ai bien fait de me lancer dans ce projet.
    On est jeune, on peut changer de voies.
    Mais il est peut être temps d’abandonner un rêve, pour ne pas qu’il se transforme, trop rapidement, en cauchemar.

  11. Chère Lise,

    c’est vrai, c’est un dur métier. pas de contrats ou très peu, une incertitude totale sur le lendemain (on n’a parfois pas la semaine de visibilité), un vrai sans-gène de certains médias qui n’hésitent pas à s’essuyer les pieds sur vous pendant des années mais à vous inclure dans la rédaction quand votre actu (forcément pas drôle) vous met sous les feux de la rampe …

    Pourtant, c’est un métier extraordinaire, fait de rencontres surprenantes, de moments de stress nocturnes, du plaisir d’écrire et d’un autre plaisir, plus rare mais encore plus intense, celui de bavarder un moment avec un de ses lecteurs-auditeurs-spectateurs.

    J’ai été autre chose que journaliste avant. Avec un salaire. Et des horaires. Je n’ai aucune envie de revenir en arrière. Ce n’est pas le métier qui cloche, c’est la manière dont nous le pratiquons. Et là, je suis d’accord, il y a beaucoup à faire. Pour nous, et pour les générations suivantes !

    Cordialement.

    M.

  12. Adrien dit :

    Tout ça est bien vrai. Mais c’est aussi le prix d’une grande liberté. Il y a 6000 pigistes en France, parmi 38000 journalistes (encartés). Et il faut savoir que la plupart des journalistes qui demeurent pigistes après les deux premières années d’activité l’ont choisi.

    Précision : « pigiste » n’est certes pas un métier, mais il n’est pas non plus un « statut ». Il s’agit d’un « mode de rémunération », nous recevons de feuilles de paie comme n’importe quel salarié.

    Pour en savoir plus, si la question des rémunérations et du travail journalistique vous intéresse : le récent post d’Erwan Gaucher http://www.erwanngaucher.com/28062012Portrait-robot-d39un-journaliste-francais.media?a=940

  13. Adrien dit :

    Pardon… « si les questions des rémunérations et du travail journalistique vous intéressent »

  14. Lise Pressac dit :

    @Adrien : tout ça est bien vrai, après deux ans lorsqu’on a acquis la liberté de refuser du travail cela devient un choix mais avant cette façon de travailler (qui m’allait très bien) n’est pas l’idéale pour tous et tout le monde ne peut pas s ela permettre

  15. Lise Pressac dit :

    @Manuel : je suis bien d’accord et c’est pour cela aussi que je le fais, que je ne me vois pas faire autre chose mais que je suis inquiète et lucide sur l’avenir du métier

  16. Lise Pressac dit :

    @Napoli : si tu t’accroches tu y arriveras et je te le souhaite car c’est un magnifique métier mais sans l’assurance que j’avais une famille pour me soutenir au cas où je ne sais pas si j’aurais pu faire tout ce que j’ai fait. Bon courage ! Tous mes voeux de réussite

  17. Lise Pressac dit :

    @Laurent : c’est parfaitement résumé 😉

  18. ton billet et une annonce du plus m’ont inspiré sur mon blog ce jour sur le journalisme précaire.

  19. Lise Pressac dit :

    @poufpouf Je me suis peut-être mal exprimée : nous avons des Assedic comme n’importe quel travailleur en fin de contrat, et donc des droits qui ont une fin aussi.
    Nous ne sommes pas indemnisés à vie mais bien aussi longtemps que quelqu’un qui vient d’être licencié ou qui vient de terminer un CDD.

  20. Napoli dit :

    Merci beaucoup.
    Sinon, Lise, le post d’Erwan Gaucher explique que le journalisme reste une profession de mecs. C’est sans doute volontairement accentué mais j’aimerais savoir si vous ressentez vous aussi cela au quotidien, et si c’est une contrainte de plus pour vous.

    Surtout qu’avant d’avoir lu le post, je ne savais pas, mon école n’ayant jamais abordé cette dimension là du métier, que les différences entre hommes et femmes n’étaient pas seulement salariales, comme pour la globalité des boulots en France.

  21. Laure dit :

    C’est juste.
    Et le pire c’est de se dire tout ça, pigiste seule, perdue au fond de son canapé…

    Du courage à tous !

  22. Michael dit :

    Le problème c’est la définition même de ce que l’on appelle journaliste.
    Combien de jeunes aujourd’hui peuplent les « écoles » de journalisme hors de prix, évidemment payées par papa/maman, sans avoir la moindre once de talent ou pire d’envie ?
    L’image d’un métier glamour en tête peut-être, un peu comme on s’inscrit a une école de musique parce qu’on aime bien le karaoké et que tant qu’à travailler autant faire de son hobby son métier…

    Alors évidemment, certains pigistes, chroniqueurs, journalistes etc… ne répondent pas aux clichés que je viens de décrire, et ont des moments difficiles.
    Mais pas plus que les sportifs, musiciens, acteurs, écrivains…
    Ces métiers là aussi sont remplis de fainéants qui ne veulent pas travailler au sens pénible du terme, mais faire qqch qu’ils aiment à l’instar de la serveuse automate de starmania.
    Ceux là se décourageront d’eux même qd la vie leur apprendra que parfois tout n’est pas rose et que l’ouvrier du coin il se lève le matin pour aller gagner son pain et pas pour le plaisir d’aller retaper des autoroutes par -15°C à 6h du mat.
    Au milieu quelques passionnés qui ne sont pas là par hasard et qui font selon moi plus figure d’exception.
    A force de travail, de talent extra-ordinaire de chance ou de piston, quelques élus pourront entretenir les rêves d’oisiveté des centaines d’aspirants, mais cela ne justifie pas comme l’a dit poufpouf que la société subventionne cela.

  23. Emma dit :

    Malheureusement, l’emploi précaire n’est pas réservé aux journalistes mais au monde du travail actuel.
    Nous qui avons des cdi, quel que soit notre domaine d’activité, sommes des privilégiés.
    Mon mari qui est pilote de ligne en est à son 6eme cdd pour une compagnie française. L’hiver pour continuer d’avoir ses qualifications à jour et gagner sa vie il est obligé de s’expatrier à l’étranger et de laisser sa famille. car comble de malchance, titulaire de cdd aux mêmes dates il est considéré par pôle emploi comme saisonnier et par consequent ses indemnités chômage sont très diminuées.
    Travaillant dans l’immobilier, je peux vous certifier que les plombiers comme les autres corps de métiers sont toujours à la recherche de nouveaux chantiers pour assurer les salaires de ses employés et le sien s’il lui reste un peu d’argent après avoir payer toutes les différentes charges.
    Existe t-il à l’heure actuelle un métier où nous sommes sûrs que nos enfants ne connaîtront pas de précarité ? L’avenir nous le dira ….

  24. Pandy dit :

    La niche fiscale des journalistes en vidéo :
    –>
    http://www.youtube.com/watch?v=KKWxt3p92Zg

  25. Ju dit :

    N’avoir qu’entre 2 et 3 employeurs est un vrai luxe… comme celui de bosser plusieurs fos par semaine pour le même employeur.
    La plupart d’entre nous courent d’une pige à une autre, d’une radio à un canard, d’un site à une tv… et tu me donnes une autre idée de billet sur le sujet qui viendra compléter.
    Merci, en tout cas, de ce texte, juste très vrai.
    Je donne aujourd’hui une formation sur le statut de pigiste à des étudiants en journalisme et comme j’ai l’impression qu’ils sont à côté de la plaque, plus intéressés par les fiches de paie que par le métier en lui-même.

  26. […] de hazard, ce billet de Lise est sorti le jour où je donnais une formation à des journalistes en herbe, étudiants en […]

  27. Mélanie dit :

    Je me permet d’écrire un post aussi car je vous trouve bien pessimiste! Moi j’arrive tout juste dans le métier, encartée depuis 1 an, je viens de finir un contrat en alternance qui m’a aidé à me lancer dans le métier avec de bons atouts de mon côté c’est sur! Je voulais faire du journalisme et j’ai déjà eu de nombreuses barrières ne serait-ce que pour accéder à une formation (sans que ça m’oblige à faire un prêt exorbitant pour payer une école privée qui me conduisent au chômage), je pense donc, vu la difficulté des concours, que l’on devient journaliste parce que l’on se bat pour ça! Ensuite, au « chômage » depuis une semaine j’ai déjà environ 5 pistes de job et piges divers (il faut aussi être prêt un peu à tout au début, même au publi-reportage…), je sais que je vais toucher un chômage de 900 euros si je n’ai rien, pas suffisant pour vivre à Paris… C’est un métier difficile ça c’est clair mais tellement merveilleux! Pigistes a aussi ses avantages, mais il faut savoir gérer son temps et son argent… collaborer pour plusieurs médias est super excitant aussi: un coup un beau papier, puis un sujet radio, une infographie pour le net…. chercher des sujets, des angles, se battre pour les vendre… ça fait parti du métier et c’est là que l’on repère les vrais journalistes qui ont des idées, prêt à défoncer les portes que ce soit pour vendre ses sujets ou pour les tourner… Moi personnellement me lever tout les matins sans savoir quel sujet je vais faire, qui je vais rencontrer, c’est aussi pour ça que j’ai choisi ce métier là, et que je ne suis pas rester auxiliaire de vie alors que je gagnais plus de 2000 euros net par mois à m’occuper de gens géniaux… et puis le métier de journaliste a pleins de facettes… j’ai un plan pour partir travailler au Népal… je ne serai pas payer sur place mais j’apprendrai des tas de choses avec des journalistes de là-bas et qui sait…. Le seul conseil que je peux donner à de jeunes journalistes comme moi c’est de savoir gérer son argent, mettre de côté tout ce qu’on peut pour ensuite pouvoir se faire plaisir et partir, chercher des sujets ailleurs… car moi je n’ai pas mes parents pour m’aider, je n’ai personne à vrai dire depuis que je suis majeure et pourtant je m’en sors, pas trop mal même! C’est sur que je ne gagne pas 10 000 euros comme les chroniqueurs de « Touche pas à mon poste » par exemple, mais franchement, a-t-on le même métier? Je préfère ma place! :))

  28. Balabou dit :

    Hello

    En lisant ces messages, je découvre un peu la vie et les galères de mes « collègues ».

    Perso, après un master de Journalisme à la fac (pas question de faire une école privée, et je n’ai pas réussi les fameux « concours ») j’ai multiplié les stages pendant 2 années et demi (j’ai même repiqué ma maîtrise, uniquement dans le but de faire des stages une année de plus).

    Perso, mon truc ça a toujours été Internet. C’est là que je trouvais des stages et là que je m’amusais. En plus de l’écriture, il y a le SEO (référencement), la gestion de projets, le suivi des audiences. Ça m’a toujours paru génial de maîtriser toute la chaîne depuis la planification de son sujet, jusqu’à l’étude de son audience finale. J’ai donc profité d’un créneau « porteur », il y a environ 6 ans, j’ai intégré la rédaction d’un gros site d’informations en ligne.

    Certes, je ne fais pas du journalisme tel qu’on me l’a appris à l’école. Je n’ai pas la carte de presse, je suis plus « rédactrice » que « journaliste », je touche à tout (et notamment je m’occupe de gros projets webs mais uniquement dans leurs aspects éditorials). Je fais tout de même des interviews et des enquêtes régulièrement.

    Par contre je ne rédige aucun publi-reportage, je ne fais pas de brand-content non plus. Je suis en CDI à plus de 2 200 euros net. J’ai 5 semaines de vacances par an et je ne risque pas de perdre mon job ces prochains mois.

    De mon point de vue, c’est le statut de « journaliste encarté » qui est entrain de creuser la tombe de la profession. En bossant pour le web actuellement, je me rends compte à quel point mes anciens camarades de promo son « mono-tâche ». Ne vous fâchez pas ! Je m’explique ! 😉 Leur principal argument pour se vendre c’est l’écriture et le fait de tenir des angles. Du point de vue des « rédacteurs web » c’est extrêmement light comme compétences. La preuve, c’est que de très bons blogueurs parviennent à davantage de choses qu’un journaliste moyen. Hors les journalistes de presse écrite (ça ne va pas plaire mais je tente quand même) se crispent totalement sur leurs acquis et sur leur sacro-sainte carte de presse. Ils ne se rendent pas compte qu’en l’état, ils sont en décalage avec le marché de l’emploi mais aussi l’état d’esprit des entreprises actuelles. Mon patron par exemple, n’engagera jamais un journaliste encarté. La dernière chose qu’il souhaite, c’est (attention caricature) un mec qui pond 2 sujets par jour et se drape dans son éthique dès qu’un angle ou une tâche ne lui convient pas…

    Les journalistes « juniors » qui arrivent actuellement sur le marché payent au prix fort le « standing » et les « privilèges » de leurs ainés.

  29. Balabou dit :

    2 sujets PAR SEMAINE et pas « par jour » 😉

  30. JiPeheL dit :

    Je suis pigiste pour une revue de modélisme naval et je me suis renseigné sur la fiscalité auprès de mon centre des impôts. Un inspecteur m’ a asséné trois contre vérités (euphémisme) à propos de l’abattement de 6750 euros et une info (relativement) intéressante :
    1°) Il faut être « encarté pour pouvoir en bénéficier : FAUX
    2°) Les pignes doivent constituer l’essentiel des revenus : FAUX
    3°) Si l’on n’a pas travaillé tous les mois, l’abattement est « proratisé » FAUX
    4°) Le fisc admet que les frais professionnels puissent être supérieurs aux gains à condition de les justifier.

    pour le 1°) et le 2°) la référence se trouve dans le paragraphe 160 du BOI-RSA-CHAMP-20-50-10-30

    pou le 3°) la réponse se trouve dans une jurisprudence rendu par la 7e chambre du Tribunal Administratif de Versailles par une audience du 8 décembre 2005 publiée le 22 décembre : http://www.snj.fr/IMG/pdf/T.A-decision_prorata.pdf
    Cette jurisprudence a été confirmée par deux fois par les TA de Paris et de Melun : http://www.snj.fr/spip.php?article339

    pour le 4°) disposition du CGI. Intéressant mais intenable à long terme…

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